Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Devilish Lady au jour le jour
Publicité
17 novembre 2005

Premiers frissons

photo_ange_noir

J’avais longuement parlé avec lui dans un lieu ou tout le monde s’exprime et l’occasion se présentant par hasard, je lui avais proposé un café au passage dans sa ville.

Il pleuvait comme toujours et Il m’a accueillie à la sortie du parking d’un grand sourire calme et m’a abrité sous le parapluie anglais que je trimbale partout avec moi.

Il avait des allures de grand chiot danois vite poussé malgré qu’il eût dépassé depuis un moment l’adolescence et je trottinais presque pour suivre ses longues enjambées.

Il m’a ouvert la porte du pub et s’est assis en face de moi et devant son café crème, il a dit en tournant nerveusement sa cuillère « Je veux vivre la soumission », comme on dit « Je veux entrer en religion. »

Ses mains tremblaient un peu et le métal tintait dans la tasse, mais son regard profond et droit était vrillé dans le mien et il ne l’a pas baissé tandis qu’il expliquait ses longues recherches à tâtons.

« Je suis sûr de ma décision. » A t il dit enfin, toujours en me regardant. « J’ai un peu honte, je suis si novice. »

Je pouvais presque sentir son trouble du bout des doigts, même s’il avait depuis longtemps arrêté de torturer la cuillère. Et je lui ai tendu une cigarette en le rassurant que chacun de nous avait fait ce premier pas un jour.

Il me regardait toujours, droit dans les yeux avec son sourire à la fois franc et timide qui me faisait toujours le comparer à un chiot perdu.

Je n’ai fait aucune offre, je n’étais pas venue pour cela, j’étais là sans vraiment d’autre raison que partager un café crème avant de reprendre la route vers chez moi, mais je n’ai pu m’empêcher d’imaginer cet être décidé et tout neuf entre les doigts cinglants d’une quelconque amuseuse de passage, une de celles qui jouent aux tornades, si ce n’est que plus rien n’est blanc quand elles sont passées.

Nous avons délaissé les lieux et je l’ai déposé à deux pas de chez lui, il m’a furtivement baisé la main et quittant la voiture.

Sur la route j’ai pensé à ses paroles, au regard droit de ses yeux clairs et j’ai décidé de lui offrir cette première expérience qu’il attendait tant.

Lui offrir parce qu’il n’avait aucune exigence, aucune envie que celle de se donner, contrairement à tous ceux qui souvent m’envahissent. Lui offrir aussi sans doute parce qu’il ne s’y attendait pas.

Je l’ai contacté et lui ai laissé la réflexion d’une semaine.

« Je n’ai pas besoin de réfléchir. » A t ‘il dit.

Il a dû en rêver toute la semaine, peut être a t il tremblé, sûrement il a eu peur, peur de tant de choses mêlées en lui.  Mais le dimanche il était là, toujours souriant, toujours les yeux rivés aux miens, le regard ouvert et troublé et toujours cet air de chiot à apprivoiser doucement.

J’ai souri à le regarder et je lui ai offert à boire un verre de ce petit chilien doux et corsé en bouche mais tendre pour le relaxer.

J’ai attendu de longs moments, causant de choses et d’autres avec lui, amusée un peu qu’il se dise : «  rien ne va sans doute se passer. »

Les objets erraient dans la chambre, ça et là dispersés, adoucis par les bougies que j’avais allumées.

La pièce prenait une couleur orange et les flammes dansaient doucement, prêtes au cérémonial. L’encens répandait son odeur chaude qui s’enrobait si bien dans la chaleur ouatée de ce ballet de feu. Era murmurait, envahissant le silence.

Je me suis assise sur mon grand coffre de bois sombre et j’ai dit doucement : « Viens près de moi. »

Il s’est assis par terre à mes pieds, a levé son regard vers moi en souriant bravement… Il tremblait malgré la chaleur douce et rouge de la pièce.

J’ai eu l’impression d’un rite millénaire, sous de hautes colonnades noircies de fumées sacrées, perdues au creux d’une montagne oubliée.

J’ai caressé son visage du bout de mes doigts et dit d’une voix très douce : « Tu peux te déshabiller pour moi s’il te plaît ? »

Il n’a pas cessé de sourire, les yeux toujours levés vers moi et il a obéit lentement.

J’ai posé mes doigts sur sa peau douce qui frissonnait à leurs contacts, comme électrifiée par leur toucher. Je l’ai caressé lentement, tendrement en lui murmurant à l’oreille. « Je veux que tu n’aies pas peur, je veux que tu fermes les yeux et que tu écoutes ton corps vibrer. »

J’ai glissé un bandeau sur ses yeux clos, je le voulais tout attentif dans son silence, moins stressé par la nuit qui l’envahissait, réceptif au moindre toucher.

J’ai joué longtemps, l’effleurant à peine d’abord, mes doigts jouant sur son incroyable douceur. Le flattant du murmure de ma voix qui se mêlait à la musique. Il vibrait en se réchauffant sous mes griffes qui l’harmonisaient.

Sa peau fine s’est lignée de rouge, peu a peu sous mes ongles. J’ai dit à son oreille : «Tu sens bon, ta peau est très fine, infiniment douce, fragile comme une pêche, elle marque vite, la voilà zébrée déjà. »

Il a souri en baissant la tête. J’ai enrobé son corps de longues cordes blanches qui sinuaient en rivières sur ses bras, je n’ai point fait de nœuds, ce n’était pas le but.

J’ai saisi un glaçon qui nageait dans son verre et j’ai doucement promené sa surface sur la chaleur rouge qui l’habillait partout. Il n’a pas sursauté.

Le glaçon a fondu en longues traînées d’eau sur ses cuisses et j’ai enlevé l’excès du plat de ma cravache comme sur un jeune poulain écumant sous la longe. Il a frémit comme lui sous ses œillères noires.

Je l'ai bouchonné doucement du velours éclaté de mon martinet crème, en lui faisant sentir la texture sur sa peau  en caresses douces à peine appuyées,  puis j’ai roulé dans son dos la bouteille glacée du champagne que j’avais amené.

Le bouchon a sauté dans un grand bruit, répandant les bulles en feu d’artifice tout autour de son cou.

Et puis j’ai pris une coupe et lui ai dit : «  Tu as soif ? » je me suis glissée entre ses bras tendus pour m’asseoir à nouveau sur le coffre de bois lui donnant à boire de mes lèvres remplies.

Il s’est étouffé de surprise et j’ai ri reposant mes lèvres sur les siennes entre-ouvertes en disant : « Bienvenue en bdsm . »

J’ai enlevé le bandeau et il s’est recroquevillé à mes pieds. Il a dit : « je suis bien près de vous Maîtresse. »

cop12005 DvL

Creative Commons License

Publicité
Commentaires
L
Merci à vous pour cette visite :-)
Répondre
S
sénario delicieux...j'aime cette delicatesse...je decouvre votre blog, j'adore vous lire...
Répondre
Devilish Lady au jour le jour
Publicité
Devilish Lady au jour le jour
Publicité
Newsletter
Derniers commentaires
Archives
Visiteurs
Depuis la création 284 500
Publicité
Publicité