Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Devilish Lady au jour le jour
Publicité
7 mars 2015

Ma bouture en club SM

bouture

Ma bouture en club SM, j'en vois déjà certains frémir ....

Il y a peu j'ai participé à un interview sur les pratiques bdsm ( je vous en parlerai bientôt) et une des questions qui revient souvent est celle-ci : "Vos amis sont-ils au courant de vos pratiques ?"

Celle là on nous la pose invariablement n'est ce pas ? Comme vous j'ai tenté d'y répondre et quand je leur disais que ma bouture, mon fils, le digne descendant de la lignée Devilish, était parfaitement au courant de mes pratiques et m'avait accompagnée dans notre chère cave profonde, j'ai bien vu le regard d'incrédulité.

Oups, mais qu'est ce qu'elle a dit la Dame ! C'est sorti tout seul, excusez-moi, et je ne suis pas sûre que j'ai bien réussi à me faire comprendre. je n'aurais peut-être pas dû. Comment expliquer toute sa jeune vie en une minute chrono ?

Il a 21 ans mon fils et après les années de galères où je l'ai élevée seule dans ce monde de brutes il a fini par savoir et avoir envie de comprendre. Que voulez-vous c'est mon rejeton.

Je me souviens des préservatifs qu'il se procurait en cachette à huit ans via les potes de l'école et qu'il déchirait perplexe pour les jeter incognito (croyait-il) dans la cour de notre appartement. Jusqu'au jour où j'ai fini par réaliser qui était le coupable et où j'ai passé une après-midi de rires et de questions drôles à lui expliquer comment les enfiler sur une banane innocente, victime à demi consentante et mangée ensuite pour couronner le tout.

Je me souviens de la notion de respect de l'autre que j'ai de suite voulu lui inculquer, déjà à huit ans, en lui disant qu'une fille ça se respecte et qu'un bébé ça doit se vouloir. En lui montrant un reportage sur les jeunes filles mères à l'âge où on devrait encore ne langer qu'une poupée. Sans compter les reportages sur le sida et la protection de l'autre et de soi.

Je me souviens de la fois où il est rentré de l'école, toujours à huit ans, avec cette foutue manie de dire toutes les cinq minutes "sale pd". Quand je lui ai calmement expliqué ce que "pd" veut dire et que je l'ai entendu me répondre que "pouah, beurk, c'est dégueulasse d'être pd". Quand avec le sourire je lui ai fait remarquer que son cher Tonton Serge vivait avec son cher Tonton Jean-Claude" et que donc ces deux adorables Tontons qui l'aimaient tant et le traitaient comme un fils étaient des "sales pd".

Je me souviens de ses surfs en cachette sur son viel ordi reçu, le premier. Quand à dix ans il croyait que j'ignorais ce qu'il cherchait à me cacher. Je revois son air perturbé, dégouté et perplexe, je me revois même lui dire qu'il m'était impossible de l'empêcher de chercher tout ce que le web propose de pervers à des mômes de son âge. J'entends encore ses questions qui ont fusé et mes réponses sur la sexualité des adultes consentants entre-eux. N'est-on pas encore plus formé au Safe- Sane - Consensual quand on est une Domina ?

Bien sûr j'ai eu peur pour lui, pour ses rencontres, pour ces pervers qui zonaient à sa recherche, mais je lui ai appris à m'en parler, à me montrer et à toujours lui répondre de manière simple et dans le respect de lui- même et des autres. La limite est là oû l'enfant sait que le mal est, la limite est là où le respect de soi et de l'autre s'arrête, c'est justement car on est bdsm qu'on peut transmettre cela.

Je me souviens quand je le déposais chez son père à l'époque, en grande tenue de Domina de sortie : cuissardée, corsetée, ravie de sortir et rayonnante. Des regards choqués du paternel, style "tu ne vas pas sortir comme cela". (Je suis une Domina, pas une putain, je sors habillée, étrange mais habillée). Je me souviens de ses sourires, de ses "waw t'es belle". J'ai en mémoire ses regards critiques quand je me préparais à la maison, ses conseils avisés : "ah non pas ce corset là avec cette jupe là, ouaiiii là t'es top, t'es trop belle ma maman Gothique"

Je me souviens aussi de cette chère amie Lady Isabelle, venue passer un week-end chez nous. Quand nous avons mis bien des kilomètres pour enfin habiter dans notre petite Suisse. Du respect qu'elle avait de ne jamais arriver en Dame mais en JC, le mec de tous les jours. De sa question très respectueuse : " demande tout de même à ton fils si cela ne le gêne pas que je sois en femme chez toi tout le week-end". Et puis de la réponse du principal intéressé : " Ben non Mam's , si il aime être habillé ainsi moi ça ne me gêne pas, mais bon c'est pas mon truc de m'habiller en fille hein".

Toujours cette notion de respect de l'autre et de ses différences. Je me souviens avec un énorme sourire de les avoir entendu sans qu'ils le sachent, le matin du départ, quand dans la cuisine ma bouture offrait un café à JC qui repartait chez lui : "Tu sais Isa, ben en fait t'es vachement mieux en nana !" . Je pense que cette chère Lady Isa ne l'a jamais oublié.

Et puis je me souviens des questions qui sont arrivées tout de même avec le temps et l'âge de l'adolescence. Celles du genre période gothique où il s'est mis à se teindre les cheveux en noir corbeau puis en blond platine, celles du temps où il me piquait mon khol pour se noircir les paupières et mon démaquillant pour se détartiner les mêmes mirettes. Celles du style : "dis M'man tu m'emmènes à une de tes soirées gothiques ? "

J'avais encore le temps, il n'avait pas 18 ans, je répondais : "Quand tu seras grand peut-être". Et puis est venu le temps des autres questions, celles qui demandent pourquoi j'ai toujours mes cravaches alors que notre cher cheval est mort depuis longtemps, pourquoi j'ai une passion pour les cordes et que je passe des heures à en faire en chanvres.

A chaque question, une réponse simple, pas forcément vraie mais suffisante pour calmer le jeune homme. Et puis un jour à dix-huit ans, celle qui fait sursauter : "Dis Mam's, en fait t'es pas vraiment Gothique hein ? Tu serais pas Sado Maso ?"

Grand silence de circonstance... Assez grand silence pour le faire réfléchir, pour que tout ce que je lui ai appris sur le respect de l'autre, ses différences, le choix de ses valeurs et ses plaisirs fasse le poids et qu'il ajoute : " Ouai ben en fait, je veux pas savoir, ça te regardes, c'est ton intimité" et pour qu'il termine fier et dressé comme un coq par  " Mais en tout cas, sunshine il a pas intérêt à te faire du mal hein !"

Et là, chers lecteurs, croyez-moi, on sait qu'on a gagné dans la longue. très longue route de l'éducation au respect, à l'ouverture d'esprit et l'acceptation des différences, on sait qu'il accordera de la valeur aux êtres pour ce qu'ils sont et non ce qu'ils ont choisi (ou pas) comme inclinaison sexuelle et on est fier de sa bouture.

Et puis, ma foi, sont venues les discussions d'adultes, celles des questions sur le shibari (ma passion), sur les soumis, sur "maisenfinquestquilfaitsunshine" et j'en passe.Il a aidé sans le savoir mon tendre, par sa tendresse justement, par sa manière de toujours m'aimer, me respecter, me rendre heureuse, par ses petites attentions et tout ce qu'il fait pour me rendre Sa Lady.

Et si sunshine et le sm avaient rendus mon fils attentif au respect de l'autre, au respect de la femme en fin de compte ? Ils ne diront jamais cela dans les journaux, j'imagine le tollé !

Et puis un jour, ma bouture en club SM. Parce que, ben voui c'était nouvel an, qu'il était venu me rejoindre depuis qu'il a quitté le nid et que tous les ans les amis se réunissent en cave profonde. Alors il est venu, c'était mon compagnon du soir, sunshine absent auprès de sa mère. Montrer les choses sous leur vrai jour, sans son soumis aux pieds évidement pour moi cela allait de soi.

Il a eu l'énorme chance de rencontrer des gens formidables, certains qu'il connaissait déjà. Il a été libre de poser toutes les questions dont il avait envie à d'autres que moi. Il a vu des couples mariés, heureux, rieurs. Il est descendu au donjon avec le Maitre du lieu qui lui a montré les jouets, les engins et toute la salle de jeux.

Il est remonté souriant : "C'est cool dis donc tout ce matériel, bon il y a des choses franchement ce ne serait pas mon truc,mais en fin de compte j'aimerais bien essayer le shibari, c'est beau, tu veux un jour me montrer ça ?"

Alors je ne sais pas ce que donnera l'interview, mais comment pouvais-je expliquer cette route et toute la tendresse et la complicité qu'il y a dans : "Ma bouture en club SM", même sunshine n'en revient pas, c'est tout vous dire. Et moi je sais une chose : le jour où mon fils aura peut-être envie de vivre du sm il n'aura pas besoin de zoner sur des sites de 3eme zone, il saura où aller pour que le respect prime.

 

Publicité
Commentaires
L
Meric chère amie, je crois qu'en fin de compte ceux qui nous trouvent pervers et déviés n'ont point compris combien nous sommes respectueux de l'autre et que s'il existe UN seul message à faire passer à nos boutures c'est bien celui de la notion de respect des différences de chacun. Quel bonheur de les voir grandir en intégrant ces valeurs là, quelle que soit leur orientation et leurs choix perso ;-)
Répondre
S
HHOOOOO MERCI MERCI et MERCI Lady!!!<br /> <br /> Oui on est Domina et on est aussi mère....<br /> <br /> Le respect...de soi des autres...oui bien plus présent dans le SM que dans la vie vanille.<br /> <br /> Ma propre pousse de 19 ans , celle qui a repeint mon Donjon (sans le matériel dedans mais bon quand même )..... <br /> <br /> Celle qui elle aussi n'a pas vu de problémes a aller à un diner d'amies ou se trouvait une trans opérée, 3 Domina et un transgenre.<br /> <br /> Celle qui respect son corps et ses envient sans se culpabiliser.<br /> <br /> <br /> <br /> Merci Lady ;-)
Répondre
Devilish Lady au jour le jour
Publicité
Devilish Lady au jour le jour
Publicité
Newsletter
Derniers commentaires
Archives
Visiteurs
Depuis la création 284 500
Publicité
Publicité