Sensualité
Les absences ont cela de bon qu'elles présagent toujours des retrouvailles. Quels frissons de pouvoir reposer sa bouche sur celle de l'autre, de se serrer tendrement et toujours avec un étonnement renouvelé dans une paire de bras doux et forts, de lire plaisir, douceur et étincelle dans deux prunelles d'océan.
A chaque fois je m'étonne de cette infinie douceur, de cette manière si féminine ou presque enfantine qu'il a de faire d'énormes câlins à peine la porte fermée, avec un sourire d'enfant devant son sapin de noël. Et les rires et la joie et tout ce partage de mots , de vie, d'expériences, sans jamais rien oublier des petits fardeaux et des choses moins drôles à raconter à cœur ouvert.
A chaque fois je m'étonne de tout ce ressenti, de cette patience calme sous la force énorme des désirs contenus. Domina/soumis, peut être. Rôles qui prennent leur place, plénitude de moments qui vont lentement en crescendo, toujours à mon rythme, toujours.
A chaque fois je mesure l'immense pouvoir que j'ai de le mener : *comme vous voulez, faite ce que vous voulez*. Et j'ai beau le tester, me tester par la même occasion. Il suit, calme, souriant, parfois un brin impatient dans son attente. Je ris aux éclats et il suit mon rire. Je le bouscule, le coquine, lui fait faire tout ce que je veux, presque comme une gamine capricieuse quand je lui fais réciter tous les mots de son vocabulaire. Je m'amuse et je ressens ses pensées * quand donc vas t'elle arrêter*. A quelques centimètre de moi, tout ses sens en éveil, il me hume à me dévorer.
Faire attendre le plaisir, l'effiler en longues poses, pour juste le ressentir vibrer. Et puis, savoir que j'exagère, que moi même je ne tiens plus mais faire semblant d'encore attendre. Et toujours incroyablement le voir me suivre...
Et puis, laisser l'étincelle jaillir de mes yeux, le laisser libre. Sentir encore cette énorme puissance contenue. Le bouillonnement de son désir et la patience, l'infinie retenue, la lenteur. Tout le temps qu'il prend à jalonner sa route de frissons. Lâcher prise et le laisser faire. Baisers papillons dans le creux des épaules, souffle chaud tout le long du cou.
Ah le cou, Dracula en savait quelque chose, petit endroit mordu, frissonné, dégusté avec lenteur comme un fruit qu'on savoure. il y a cent façons de se délecter d'un cou, en petites morsures, en effleurements calculés, en prise sauvage et crocs de bêtes, en baisers tendres et presque acidulés. Un homme qui déguste en milles temps de poses c'est le nirvana. C'est lâcher le fauve, libérer l'otage, ouvrir les doigts et relâcher la bride. Juste un peu, un rien et sentir l'étalon frémir, relâcher encore et sentir toute cette force contenue dans milles délices. Jusqu'au bout de la nuit, ou presque.
Parfois, je me dis que j'exagère. Que j'y vais trop fort, que je bride bien trop, mais toujours je recommence car chaque retour est un nouveau miracle...
Lady_DvL
