L'éternelle question
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L'éternelle question. Celle qui revient toujours en dials, forums, tchatte, discutions réelles : " J'ai avoué mon penchant pour la soumission à ma femme/compagne/copine etc et je lui ai demandé de devenir ma Maîtresse. Comment faire pour qu'elle me soumette et (pire) pour qu'elle me punisse si je n'ai pas été sage".
Celle là c'est vraiment l'éternelle question. La première réflexion c'est que l'aveu souvent a été fait après des mois, voire des années de non-dits. Comme si il était honteux d'avoir d'aussi vilaines pensées. On a beau se dire dans un monde libéré sexuellement, il faut croire que Freud et ses collègues ont vraiment implanté des concepts de "vilain pas beau pervers" dans nos façons de voir pour que en couple (quel que soit la notion/réalisation du couple) il soit quasi impossible de communiquer à l'autre ses désirs somme toute touchant à la sexualité. Pauvre 21ème siècle frustré. Et quelle découverte pour celle qui après des années réalise que "au secours, j'ai épousé un pervers" :o)
Ma deuxième réflexion, c'est qu'on ne fait pas d'une femme vanille, une Domina du jour au lendemain. Et certainement pas une Maîtresse qui vous prends en main dans vos désirs inasouvis. Il faut du temps et beaucoup de dialogue et d'ouverture d'esprit entre les deux. Il ne faut pas se cantonner à la vouloir réceptive à ses propres désirs, il faut savoir ouvrir le dialogue et l'écouter elle face à ce désir émis.
Si votre femme n'est pas Domina, lui expliquer vos désirs profonds, votre besoin de punition, bref un monde totalement inconnu à ses yeux déboussole. C'est un peu comme si vous lui déballiez tout cela en lui montrant des images bdsm, des sites et photos où la femme est Maîtresse absolue ou vous lui achetiez un chat à neuf queues en lui disant " j'ai besoin d'une bonne correction, faite moi mal Maîtresse". Ben voyons, ça vas pas la tête ?
En d'autres termes: pour arriver à un équilibre entre vos aspirations et les siennes il faut savoir vous mettre à sa place. Il faut pouvoir vous, la comprendre Elle. Car quels sont ses envies, ses besoins, ses plaisirs à Elle, face à vos envies, besoins, désirs à vous`?
Ensuite, je dirais un autre point qui me parait essentiel. Il est simple et très compliqué à la fois : pour recevoir il faut savoir donner sans attendre. Un soumis par définition est un homme qui se donne, qui donne. L'envie que vous avez est une envie de don, même si c'est une envie aussi de prise en main, d'occupation des lieux. Ce n'est qu'après avoir dialogué ouvertement, compris SES envies et mis les vôtres à nu, que vous pouvez alors vous offrir dans une optique qu'elle comprendra comme soumise à son bien être. Car être soumis à sa compagne c'est avant tout être soumis à ses désirs et non pas aux vôtres. Si vous soumettre à la femme de votre vie revient à l'utiliser comme instrument de vos désirs lubriques, faudrait voir à revoir la question. Car toute compagne qui se sent un instrument finira forcément par ne plus avoir envie du tout de servir d'objet à désir. Si c'est le cas, mieux vaut encore aller se faire fouetter ailleurs. Le désir par définition est un mot qui se partage.
Ceci dit, avec une femme vanille il faut savoir "jouer". Non pas dans un registre bdsm pur et dur , bien trop aux antipodes de ce qu'elle imagine dans une histoire de couple, mais dans une complicité qui mêle jeux, rire et plaisirs. Mais il ne faut pas s'en tenir là. Le soumis s'imagine souvent qu'il lui suffit d'être soumis et d'attendre, que nenni, à lui de créer, inventer, surprendre. Vous la connaissez bien, surprenez la pour créer des jeux où elle sera mise en valeur.
J'en viens naturellement donc au point suivant: il faut savoir la mettre en valeur. La mettre en valeur c'est arriver à la complimenter sur la beauté de sa tenue, sur le fait qu'elle est si craquante dans ses talons hauts. Mais bien plus encore que cela, là aussi à vous à faire jouer votre imagination (par ex sachez lui envoyer des sms, des petits mots déposés devant son miroir, dans son sac etc etc..) Une femme qui se sent belle, valorisée, aimée par l'homme qui se met à ses pieds et que de plus elle aime, sera automatiquement encline à lui faire plaisir. Plus il donne, plus elle aime et plus elle a envie de lui donner. C'est en fin de compte simple mais aux antipodes de la pensée soumis moyen: donner sans attendre pour recevoir sans compter.
Ensuite c'est très bien de flatter votre fétichisme en lui offrant talons hauts, cuissardes, tenue de latex et de vinyle, mais comment la mettez vous en valeur quand vous lui offrez, comment lui montrez vous qu'elle est divine dans ces objets là ? Comment faite vous pour qu'elle se sente tout simplement belle à les porter ? Là aussi sapristi tout est question de LA mettre en valeur et non pas de valoriser votre envie. Tiens, met ça chérie, j'ai envie. Ben voyons et si moi je me sens idiote là dedans hein ?
Enfin, pour en venir au dernier point: la punition. C'est là un point délicat. Vous avez dans votre petite tête le sentiment de mériter punition pour certaines choses, besoin d'expier en quelque sorte. C'est aux antipodes de la réflexion classique d'une compagne. Pourquoi vous ferait-elle mal volontairement. C'est fichtrement barbare que de vouloir corriger son mari/ami à une époque où mettre une gifle à son môme relève presque de la dénonciation publique. Si en plus vous marquez en 3 secondes et vous dite "aie ouille" quand elle vous fait mal, comment peut elle avoir envie de vous faire mal ? Pour une femme vanille, aimer ce n'est pas faire mal.
Là aussi je dirais qu'il faut amener ce concept doucement et par jeux ou aller se faire punir par une virago a sens unique.
En fin de compte, il faut savoir redevenir des mômes, il faut savoir jouer tout simplement. Si vous êtes capable de joeur au sale gamin qui fait des bêtises, pleins de bêtises devant elle, pour elle, avec elle. (Là aussi a vous d'imaginer comment), si vous êtes capable ensuite de la provoquer encore par jeux pour qu'elle vous mette une bonne fessée comme le garnement que vous êtes et qui la mérite, vous aurez compris que le dernier maître mot est "jouer" pour provoquer le désir de vous soumettre.
Enfin pour conclure, je dirais qu'il faut savoir faire d'elle le centre de vos désirs. Si vous n'êtes pas capable de jeux sans but ciblé, d'échange, de communication et de réelle envie de la comprendre et la mettre au centre de vos intérêts, ce n'est même pas la peine de commencer, autant garder ça pour vous et assouvir vos pulsions chez une pro (sans sens péjoratif pour elle) qui vous assurera le service qui vous convient. Car en fin de compte c'est alors juste une prestation de service, laquelle n'a rien à voir avec une relation.

