Privation des sens
Bondage by >> Sylvie Rider <<
Privation décences, privation indécences, privation des sens. Tout une modulation que j'adore employer. J'adore le priver de la vue et pas seulement pour qu'il ne voie pas ce qui l'attend... Plutôt pour qu'il soit à l'écoute de ses autres sens en indécences.
Pour l'ouïe je varie: fais bien attention parfois, sans lui mettre des boules quies quand même, à ce qu'il entende très peu, (je me demande même si un de ces 4 je ne lui collerais pas deux jolis écouteurs sur les oreilles, diffusant de la musique ad hoc. Douce peut être, genre Delerium ou Sade, ou peut être plus vivante genre Zouk Machine pour déconcentrer encore plus le sujet) bref, j'essaye de feutrer mes pas, de ouater les bruits autour de ma victime pour qu'il tente l'oreille et se fasse milles images plus frissonnantes les unes que les autres sur son tableau blanc imaginaire. Ou alors je fais tout le contraire, aucune précaution à claquer mes talons pour m'éloigner de lui, pour ouvrir ma boite à malice, allumer mes bougies ou ouvrir mon frigo. Mais je ne le quitte pas des yeux, je l'épie, je bois à ses attente, je regarde pour deux en scrutant son visage à demi voilé.
Si j'ajoute au bandeau la privation du toucher par des liens plus ou moins lâches qu'il a toujours le loisir d'essayer de défaire, c'est une subtilité de plus. Sont ils faits pour être déliés ces noeuds là, est ce permis, à tenter, espéré ou interdit et impossible? Moi seule le sais puisque lui ne voit rien. et j'attends impatiente de le voir réagir ou ne point oser.
Oh la privation du toucher n'est pas complète, j'ai peu de goût pour le mannequin emballé genre sandwich au latex... Sauf peut être parfois à mes heures en film transparent, mais jamais longtemps en fin de compte car je m'ennuie face aux momies moi. Alors privation incomplète car si les mains ne peuvent plus, tout le corps lui se tend, attend, frémit d'impatience et souvent de surprise sous toutes les matières que chaque centimètre carré de peau va ressentir: griffes douces ou dures, plume duveteuse, huile ou crème fouettée ou non, cuir rude, glaçon glacé, métal froid, le choix est aussi vaste que les frissons qui les accompagnent et tout est décuplé quand les yeux ne peuvent voir. la communion me semble alors plus totale, plus entière aussi.
L'odorat lui s'il n'est jamais privé ( je n'ai jamais essayé les tigettes de coton dans les narines, ça ferait peu sérieux) peut révéler quelques indications, mais elles sont plus vagues car à part l'odeur de l'huile ou celle des bougies flambées, si nous ne sommes que lui et moi, rien ne peut l'aider avec ce sens là. Sauf peut être si un jour: entravé, aveuglé, les oreilles remplies de musique il lui faudra deviner de son seul odorat qui se déplace autour de lui. L'odorat est difficile à faire jouer mais pas impossible à qui veut sans doute.
Quand au goût, le dernier, celui là je l'adore. Plus subtil il est vrai que les trois premiers, j'en joue parfois pour compléter le toucher et même plus, mais n'est ce pas là toute l'indécence que je vous laisse deviner ?
Priver l'autre des ses sens c'est aussi le centrer, l'avoir tout à l'écoute de lui même et de nous, parfois même plus attentif et nettement moins dissipé. C'est aussi un excellent moyen pour un novice de faire sauter certains barrières de crainte ou de pudeur, comme un très bon moyen de découvrir chez lui quel sens domine (nous en avons tous un ou deux de préférés.. Je garde le mien secret *rire*). Qu'en pensez vous? Donnez moi votre avis :-)
Lady_DvL... délit d'essences :-)
