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Devilish Lady au jour le jour
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19 avril 2007

Et si...

femme_cravate_noire_maxi_cg
Modigliani : femme à la cravate noire

Si j'étais UN dominant, je serais sans doute capable de maitriser mon sujet avec force et brio. Je serais sans doute capable de me détacher complètement de la scène que je vis pour appliquer minutieusement la sentence choisie ou le supplice attendu ou le délice en allant crescendo avec précision et détachement vers le but ultime qui est de mener ma soumise pantelante vers un bien être au bord de ses limites.

Je pourrais alors la prendre dans mes bras protecteurs et la cajoler ou la féliciter d'avoir vibré, vécu, subit avec tant de beauté un spectacle dont j'aurais été l'auteur attentif. Je pourrais alors la rassurer sur ce qu'elle a ressenti, la caresser doucement pour la faire revenir sur terre et lui sourire les yeux dans les yeux de toutes ces merveilles qu'entre mes doigts j'aurais créé.

Mais sapristi, je ne suis pas un homme et j'observe, je lis, j'entends bien peu de soumis pantelants, quasi aucun ne me raconte ses vibrations intérieures, ses états de semi apesanteurs oú après avoir vibré ils s'abandonnent tendrement aux pieds de leur maitresse ou dans leurs bras d'ailleurs. Pourtant je les lis, je les entend, je les vois vibrer à l'unisson. Mais une fois ce moment d'égarement passé , le soumis, contrairement à la soumise, ramasse ses petites affaires, remballe son petit matériel et reprend allure humaine, comme si rien ne s'était produit. Tout juste parfois observe t'il ses marques l'air connaisseur en disant "tudju belle estafilade" Un peu comme le mâle heureux et vidé qui l'air nonchalant sort son paquet de gitanes et va en siflotant au frigo pour se boire sa ptite bière.

J'y vais fort? Voui peut être, mais tout de même, j'observe une différence énorme entre les deux sexes. Alors je m'interroge tiens: suis je une Domina ? Car je lisais tout à l'heure l'affirmation suivante énoncé par une euh.. domina : "Un (ou une) dominant(e) est incapable de donner. La relation avec le (ou la) soumis(e) n'est que la somme de deux égoismes réunis".

Bon alors, je ne suis pas une domina... Car moi quand je domine j'ai besoin de sentir, quelque soit mon sujet, j'ai besoin de le connaître, de savoir comment il vibre, tel un instrument de musique. J'ai besoin de poser mes doigts et de l'apprivoiser, de le sentir frémir sous mes griffes qui le touchent. Les yeux mis clos, j'ai besoin de le réinventer et de sentir sa peau qui vient sous mes caresse. Peu importe oú je suis, plus rien n'existe autour si je sens qu'il me suit. Je suis comme dans une bulle, capable d'oublier tout, sauf ce qu'il est et comment il réagit. Je m'oublie totalement moi même, au point de suivre son cheminement, son plaisir tout entier, son émotion que je partage comme un voile qui l'entoure et s'en enivre. Je ne suis plus que le prolongement, de lui même et avec patience et douceur je me fond dans ce qu'il vit. Son plaisir est physique et moral tout autant c'est certain, le mien n'est que communion, comme si je sortais de moi même, je ne sais que donner... Alors je ne suis sans doute pas une domina, je ne suis qu'une femme qui au lieu de prendre, ou même se donner, donne et est toute à l'écoute de ce qu'il vit.

Alors j'ai du mal à comprendre, comprendre comment on peut me dire l'air grognon "vous savez madame, j'ai pas eu assez de ceci, elle ne m'a pas donné suffisamment de cela" ou encore pire "voui bon c'était pas mal". Pourtant ils ont vibré ces mâles là, ils ont frémit, senti, gémi, tendus leurs fessiers impatients et leurs queue insolentes vers celles qui plongeaient dans leurs supplices. Mais point de tendresse ensuite, point d'égarement les yeux dans les yeux comme la soumise repue, point de soupirs et de gestes tendres.. Point, voilà bien le mot: c'est fini, point.

Savent ils donc combien quand on les couve, quand on les réinvente et qu'on boit à leurs dons, savent ils donc combien on ne prend rien et qu'on leur donne, avec toute l'émotion dont on est capable, le meilleur de nous même. Je finis par en douter quand je les vois remballer toutes leurs petites affaires et prendre l'air de rien et je me dis parfois "ahh si j'étais un homme"...

1mini3 Lady_DvL

   

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Commentaires
D
"un homme qui a toujours cherché, pour une heure ou pour un jour, le renversement absolu de tous les rôles sociaux, qui trouve libérateur d'être attaché, enfermé, réduit au silence...<br /> Insoumis, et désireux d'une main capable de me faire plier et de tordre ma réalité intérieure."<br /> <br /> Cet homme est sincère Lady... "pour une heure ou pour un jour".. Je connais nombreux soumis, qui pour vivre leurs pulsions, parce qu'il est nécessaire pour eux de "tordre leur réalité intérieure", trouvent la main capable de les faire plier.. une heure ou plus. Il existe de merveilleuses dominatrices professionnelles.. et heureusement.. Ca évite l'escroquerie aux sentiments que l'on rencontre hélas trop souvent dans le monde SM (et là, je n'évoque pas uniquement les soumis)
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L
Shilane une part est sans doute due à l'éducation judéo chrétienne oú le mâle en bon phalocrate qu'il doit devenir n'a pas droit à divulguer ses sentiments : "enfin un grand garcon ne pleure pas voyons.." Et même si les mentalités sont en train de changer, il est difficile de ne pas dire cette petite phrase qui en dit long et qui entre autre fait l'éducation du grand garcon en question.. <br /> Et pourtant nous savons tous et toutes combien même un adulte, dans la petite part enfantine qui nous reste enfouie, a parfois besoin de lâcher prise et de pleurer comme un petit enfant dans une paire de bras simplement affectueux. Mais a force d'avoir appris aux grands garcons qu'il ne fallait pas pleurer, il n'arrivent même plus à extérioriser en effet.<br /> <br /> Autre chose entre aussi en ligne de compte, cet autre chose est sans nul doute plus animal, plus primitif si on peut dire. Tout mâle de toute espèce a besoin pour séduire la femelle de lui faire la cours, cours qui si elle est primordiale pour atteindre le but (la reproduction..) comporte aussi beaucoup de dangers faces aux prédateurs, une fois la cours faite donc et la femelle séduite, le mâle reprend donc son controle et passe à autre chose. <br /> L'être humain, n'est jamais qu'un animal dans sa partie profonde et agit donc aussi par "instinct", lequel instinct le pousse, une fois sa période de séduction passée à agir tout en controle de lui même et donc beaucoup moin en séduction et en sentimentalité. D'accord c'est un shéma quelque peu primitif , mais oh combien réel hélas. Aussi bien chez les soumis que chez les hommes vanilles. Plus besoin de séduire, et hop je remballe et je controle, la partie est acquise. L'instinct reprend le dessus et l'âme réfléchis moin... Car il faut avouer que perdre le controle c'est apprendre à se perdre et par là même se donner au danger, danger d'être "faible", ca tout de même c'est peu compatible avec le mâle animal lol.<br /> Heureusement que beaucoup d'homme comprennent qu'il y a autant de force à se perdre, heureusement que chacun de nous a une part feminine et masculine et que certains, oui, sont capables d'équilibre entre les deux et de partage...<br /> <br /> Chère Dame, nous sommes tou/tes différent c'est vrai, si j'ai dit "savent ils donc combien on ne prend rien" et non pas "reçoit rien", c'est simplement car pour moi le don de l'autre en lui même est un cadeau, c'est pour moi beaucoup recevoir quand celui que j'incline et soumet vibre et s'offre, je reçoit sans rien prendre pour moi, rien d'autre que ce que je sens sur sa peau ou bois dans ses yeux.. <br /> Mais si je concois la différence que vous énoncez, je continue à croire que certains peuvent finir par laisser s'exprimer la part féminine qui est en eux une fois beaucoup de barrières tombées (je vous l'accorde) et que aussi des soumis "en amour" cela existe tout de même.<br /> <br /> Alors Laurisa, si oui, ce que vous dites est vrai pour la plus grande masse/nasse de soumis mâles, il ne faut pas faire une allergie pour autant. Car a bien y réfléchir, se sentir domina ou vouloir dominer, n'est ce pas faire agir la part masculine qui est en nous et prendre le controle au lieu de le donner, alors que le soumis lui vous le donne à VOUS et non à une autre. <br /> je parle là du vrai soumis, pas celui qui vient chercher chez vous l'assouvissement de ses pulsions egoistico/inavouables.<br /> <br /> Comme m'écrivait encore hier un inconnu dans un mail tombé dans ma boite : <br /> "Je ne suis pas de nature soumise. Socialement je fais partie de la "caste" des décideurs, parce que c'est ma fonction, mais aussi mon tempérament; c'est un rôle qui me convient et que j'exerce, je l'espère, avec compétence...<br /> Mais là, tout au fond de ma nature, cohabite depuis mon adolescence un alter ego - celui que tout le monde ignore, celui que chacun serait stupéfait de découvrir: seules quelques rares femmes l'ont rencontré. Une part de ma personnalité insoupçonnée, profondément enfouie, qui pointe le bout de son nez quand je l'y autorise, c'est-à-dire lorsque la chance d'une rencontre inespérée croise mon chemin...<br /> un homme qui a toujours cherché, pour une heure ou pour un jour, le renversement absolu de tous les rôles sociaux, qui trouve libérateur d'être attaché, enfermé, réduit au silence...<br /> Insoumis, et désireux d'une main capable de me faire plier et de tordre ma réalité intérieure.<br /> Je suis sincère, Madame. J'ai sans doute pas mal de défauts (ne font-ils pas aussi le sel de l'existence ?) mais la tricherie n'en fait pas partie. Mes fantasmes sont puissants, ils ont résisté à l'usure du temps, et je les assume (en y étant peut-être fermement encouragé...); ils ne sont pas que l'expression d'un désir uniquement physique et rapidement assouvi, mais ils relèvent d'un état d'esprit, hors de tout jugement."<br /> <br /> Je crois que cet homme là exprime bien toute cette ambiguité, tout ce don qui ne peut que se faire en partage ET en complicité et je crois sincérement qu'il n'est pas le seul ... donc ne faites pas d'allergie :-)<br /> <br /> Pour clôturer cette réponse/réflexion, je dirais qu'il faut sentir si en tant que Domina nous sommes instrument seul ou complice. Si le fait qu'un soumis dit "s'offrir" veut dire partage et qu'il a réalisé que s'offrir ce n'est pas que subir tout ce qu'il espère/désire/voudrait. Alors seulement le partage peut être réel, le don peut être pris comme tel et peu à peu les barrières tombent et partage est alors complicité et réel échange de pouvoir et du reste :-) <br /> <br /> Matières à réflexion
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R
...un week-end de désélection présidentielle ! quand même 8 commentaires, c'est po si mal !
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S
Rosesnoires de cet acceuil.<br /> <br /> Bon week-end.
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L
sinon que je suis bien entendu d'accord avec tout ce qui a été dit ici. C'est à moi que cette "domina" a asséné cette affirmation (au moins a-t-elle eu quand même l'honnêteté de dire que ça n'était que son avis personnel), et j'avoue que cela m'a heurtée. Parce que ce n'est pas comme cela que j'envisage de dominer un jour (hé oui, cette envie est de plus en plus forte), et ce n'est pas comme cela que je vis ma soumission. <br /> <br /> Et que dire à propos des soumis... Ceux que je croise sur le net confirment ce qui en est dit ici ! Ils sont obnubilés par leurs désirs et se moquent relativement de ce que peux ressentir l'autre en face, à quelques rares exception près. Je suis à la limite de faire une allergie en fait... rire.
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