Négligence

«Bonjour mon tendre. Ta Maîtresse exige que tu te présentes cette semaine avec ton collier, entièrement sous ses griffes et n’acceptera aucune excuse. Tu la négliges et elle ne fera aucune concession. Débrouille toi mon tendre soumis»
Le texte apparaît sans crier gare sur le natel du tendre. Il frémit à sa lecture, parcouru de frissons il bande. Tout se précipite dans sa tête, ses désirs, ses manques, son boulot, ses heures supplémentaires et surtout, oh surtout, cet étau qui lui serre la poitrine et se referme sur lui en sueurs froides qui dégoulinent jusque dans son sexe dur.
Ses doigts pianotent et il répond d’un seul jet, sans réfléchir, sur les touches illuminées : « Oh oui ma Lady… Tout à Vous, rien qu’à Vous. Mais je ne sais pas quand encore »
La réponse claque comme un fouet « Point de mais, point de concession, point d’excuse, je t’attend »
Il sait qu’elle est en colère, il sait qu’elle a raison, l’étau se serre invisible et noir à lui couper le souffle.
Aussi inquiet, terriblement inquiet, qu’excité il file sous la douche, tente de rafraîchir sa peau dégoulinante, hésite un instant, la main savonneuse sur son sexe dur, se ravise et sort de la salle de bain. Un slip noir, oh bon dieu ou sont ils, il se trompe de tiroir, renverse ses chaussettes, finit par un trouver un qu’il enfile à l’envers.
Il sort de l’appartement, se ravise : le collier ! Il fouille dans son bureau déjà bien en bataille, s’énerve, transpire toujours, finit par le trouver enroulé sous une pile de rapports. Soupir de soulagement, il le glisse dans sa poche et sort enfin, dévalant les marches.
Dix minutes se sont passées, douze tout au plus, et toujours ce fichu étau, ce cœur qui s’emballe entre peur et délires et ce sexe qui durcit à lui en faire mal dans son jeans pourtant lâche et confortable.
« J’arrive écrit-il » comme il le fait quand le temps se raccourcit entre Elle et lui et qu’il voudrait déjà être là. Ne pas la faire attendre, sentir ses griffes sur sa peau, son souffle contre sa joue, sa main qui le parcourt.
« Arrête toi au parking, appelle moi » claque le natel en lettre aussi noires que sa peur maintenant.
Le parking. Quel parking ? Ah oui sur l’autoroute, cinq minutes tout au plus, il y est, il se gare, il appelle en tremblant.
Sa voix est froide, cassante, dure même : « sort de la voiture, vas aux toilettes : côté femmes. Enlève ce slip garde le en main, passe au magasin, et trouve toi donc quelque chose à acheter, et puis tiens prend de l’eau aussi, j’ai soif, très soif »
Il déglutit, le désir fourmille en milles petits picots plantés dans ses couilles dures, elle a soif, il sait, il voit ce qu’elle veut dire.
«Passe à la caisse, pose le slip sur le comptoir, paye et sort. Quinze minutes, je t’attend »
Il sort de sa voiture, fébrile, bouscule une dame très chic toute enrobée de fourrure. Elle le regarde étonnée, il rougit et plonge sur la porte des wc. Il enlève son slip déjà trempé de sueur et honteux mais tellement excité ressort vers la boutique.
Acheter quelque chose, oui mais quoi ? Chocolats, douceurs, champagne ? Il hésite, il sait bien qu’il ne l’amadouera pas de toute façon et après tout il n’en a cure, que dis-je, il ne veut surtout pas qu’elle s’adoucisse.
Une rose près de la porte, voilà une rose, bonne idée, il n’amène jamais de fleur.
Il la pose sur le comptoir, la main crispée sur le slip tout en boule. Ah oui l’eau ! S’il vous plait mettez moi de l’eau crâne t’il à la caissière, ma Dame a toujours tellement soif. Elle se tourne, il pose le slip, paye et s’en va ravi de son idée, elle n’a rien vu.
Il passe la porte. "Monsieur" entend il, "votre… Mouchoir"...
L’étau noir se referme un peu plus. « Tricheur » entend-il dans sa tête en mots qui tambourinent les uns derrière les autres : "tricheur, tricheur tricheur…"
A suivre par ici
Lady_DvL.. Juste devilish
