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Devilish Lady au jour le jour
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15 décembre 2005

De douleurs et plaisirs

maleappris1

Suite à l'article réactif sur un texte trouvé "aie fais moi mal docteur" (Par ici ) , le sujet s/m n'étant jamais clos loin de là, je m'interroge sur le refus qu'on certains de s'accoller l'étiquette totale Bdsm, jettant la moitié pour ne s'en garder que le D/s. (Bdsm : bondage, domination , soumission, sadomasochisme)

Sans doute la partie sadomasochisme fait elle peur à ceux là et pourtant...

Mis à part les sado maso purs qui ne peuvent obtenir la jouissance sans faire/avoir mal à excès. (tout comme le fétichiste pur ne peut obtenir la sienne qu'en portant, effleurant, touchant la matière ou l'objet de son fétichisme), en bdsm, je "regrette" de le dire nous sommes tous plus ou moins s/m.

En effet, comme  rapporté plus bas, une certaine forme de douleur apporte du plaisir. Exemple pratique simple et à la porté de tous : prenez une paire de pinces à linges et pincez en vos seins ou vos bourses, laissez poser un moment, suivant ce que vous pouvez supporter, enlever délicatement et massez doucement la partie ainsi suppliciée. Quel est le résultat ? Que ressentez vous après cette petite douleur sourde? Si ce n'est du plaisir sous une certaine forme? :-)

C'est un peu "Aie ca fait mal, mais qu'est ce que cela fait du bien quand ça s'arrête" . Bon alors, pouvez vous saisir cette notion de plaisir apportée par la douleur, aussi soft soit elle? Sans doute si vous avez réellement fait l'expérience. Maintenant: recommenceriez vous, juste pour le plaisir? Celui de ressentir cette petite sensation de délivrance et de chaleur après que la peau soit enfin libérée. Sans doute, mais dans ce cas n'êtes vous pas un brin masochiste? Et même, puisque vous vous êtes imposé cette douleur avec plaisir encore, n'êtes vous pas par là même un brin sadique?

Donc, autre question de taille: pourquoi une soumis/e se soumet-il /elle? Si ce n'est pour obtenir une forme de plaisir dans une forme de douleur. Bon je touche là un vaste sujet, délicat s'il en est, d'accord. Il y a plusieurs raisons à la soumissions (le champs est vaste, on en reparlera). J'ai connu pas mal de soumis, lesquels avaient chacun leur explication propre à leur besoin de soumission, certains aimaient la douleur, d'autre non (de prime abord), certains l'estimaient "douloureuse" mais nécessaire. Peu importe, audelà de leur besoin primaire de soumission, il existait et il existe toujours un besoin de subir et donc par là même de prendre plaisir à subir. C'est donc toujours un besoin d'obtenir un bien être par une forme de douleur, donc c'est bien du bdsm et non pas juste du D/s. Je parle évidement du soumis réel, non pas du fantasmeur à la petite semaine qui ne désire que satisfaire ses fantasmes et n'utilise la Domina que pour ses propres envies a déviations toujours sexuelles pures. (quand je dis soumis j'inclus ici toujours le féminin, c'est identique, même si la manière diffère)

Il est clair que soumis/e , s'offre à sa Maîtresse et que si cette relation est réelle et profonde, la personne qui se soumet essayera toujours de se dépasser pour satisfaire celle qui dirige. Quand à celle qui tient le pouvoir, elle essayera toujours de mener l'autre plus loin dans son don de soi, en veillant sur ses besoins, sur ses craintes et sur sa sécurité. L'un  l'autre se menant ainsi dans un jeu aussi subtil que sans cesse tournant, le dépassement de soi ira peu à peu de plus en plus loin, le plaisir moral et physique aussi, tout comme forcément la douleur. (Sans pour cela passer au réel masochisme, entendons nous bien) Le fait que basiquement le corps dégage de l'endorphine, laquelle apporte un réel plaisir passé un seuil de douleur qui nous est à chacun propre, peut expliquer en partie cette interaction et ce dépassement. En partie car, c'est sûr, le mental a aussi sa part à jouer. Nous entrons donc, que nous le voulions ou non dans le terme bdsm entier.

Au delà de la question suivante qui serait "pourquoi le Dominant domine t'il, si ce n'est pour donner ou obtenir une forme de douleur"? (Là aussi ce serait bien trop simpliste et il existe plusieurs raisons propres à la domination, plus vaste encore du fait que femme ou homme nous ne sommes, encore une fois pas égaux) Il existe sous quelque forme que ce soit, un plaisir réel à donner une douleur qui fait du bien.Je parle toujours bien sûr d'une relation réelle où interaction existe entre les deux parties.

Dire " Je ne suis pas sadique" , quelque part si on y réfléchis, n'a pas vraiment de sens pour un Dominant, je ne suis pas sadique, donc je ne peux pas, je n'aime pas te faire mal, dans ce cas, que vais je bien pouvoir faire de toi, bdsmement parlant. Si on suit le raisonnement logique: je désire m'occuper de toi, j'aime t'avoir sous mes griffes et je reconnais ton besoin de soumission, je reconnais donc par là même ton besoin de t'offrir et j'aime m'occuper de toi. J'aime donc t'offrir une forme de douleur, même si celà ci n'est que prétexte. Je suis donc Bdsm dans tout le sens du terme.

Etre dans le jeu complet de manière sincère et en tout échange entre les deux partenaires, ne peut donc que se faire qu'en tout Bdsm et idéalement en plaisir pour les deux dans l'interaction. dans une relation bdsm profonde, si le soumis progresse dans sa soumission et étend de ce fait ses limites, il en sera de même pour le Dominant qui lui aussi progressera. Les deux etant toujours en apprentissage évolutif.

Cher sub, quand tu dis "J'aurais bien été un peu plus loin encore, pour Vous Ma Dame", tu apportes par là la preuve. Non seulement tu désires te donner un peu plus, mais en plus tu désires "avoir" un peu plus. de ce fait tu sais qu'à un moment ou l'autre je prendrais plaisir à t'emener un peu plus loin dans une interaction toute bdsm entière dans ses lettres.

imageszLady_DvL ... toute en réflexions

Voir aussi http://cunegonde33.canalblog.com/archives/2005/12/14/1108038.html

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Commentaires
L
Nous sommes bien d'accord sur une chose: tout est en nuance en bdsm.<br /> J'ai simplement fait ressortir ce qui pour moi, dans mon cas est une évidence: une même infime partie de douleur existe en bdsm, même si celle ci est morale, c'est pourquoi je revendique le mot bdsm dans son sens large et non dans le sens s/m pur et dur qui, nous sommes d'accord est une autre histoire :-)<br /> Pourquoi cette revendication? Simplement parceque au fil des ans j'ai appris que tout est toujours en évolution et que la perception des choses elle aussi évolue. un /une soumise tout neuf n'aura plus la même perception dans 10 ans d'ici tout comme un dominant tout novice aura lui aussi évolué. J'en tiens pour exemple le très beau texte de Max sur le dominant qui explique en partie cela: http://www.20six.fr/nextEntries/5oxbmvkom3x2<br /> Comprennez moi bien, je ne suis pas sadique, simplement j'ai au fil des ans évolué vers une autre perception, ne fusse que parceque mes soumis me font évoluer eux aussi. Devant un de mes soumis aussi soumis QUE maso il ne m'est resté que deux alternatives: soit je refuse d'admettre que sa douleur lui est nécessaire et donc je le laisse courir le risque de se faire détruire ailleurs, soit j'apprend a avancer mes limites.<br /> De toute manière une conclusion s'impose toujours : nous sommes tous différents et de ce fait la perception est elle aussi autre. Tant que sincérité et vérités font foi, c'est l'essentiel.<br /> <br /> Merci Cunégonde pour ce commentaire "croisé".<br /> <br /> Amicalement <br /> Lady_DvL
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C
Il est bien évident que SM et DS cohabitent souvent. Personnellement, je continue de me contenter de BDS. Si la douleur n'entre dans mes plaisirs que dans des dimensions très soft, comme la fessée, ce paramètre n'est absolument pas nécessaire à la domination. <br /> Je ne prendrai pas le risque de généraliser mon expérience mais je maintiens que les rapports de soumission-domination n'ont rien à voir avec les rapports Sado-masochistes, même s'ils cohabitent souvent.<br /> En effet, la domination reste à mes yeux une dimension cérébrale qui amène l'un des partenaires à prendre en charge les fantasmes et désirs de l'autre afin l'y amener. Le fantasme "douleur" n'étant pas une nécessité. Le dépassement de soi n'étant pas forcément le dépassement d'une souffrance physique.<br /> L'exemple le plus courant reste pour moi celui d'amener un homme non bi à découvrir les plaisirs de la sodomie et au final remplacer le gode synthétique pas un véritable sexe. Il est bien évident qu'un homme que l'homosexualité rebute ne fera pas de lui même une démarche vers une expérience bi. Par contre, sous la domination d'une maitresse adroite, il acceptera de recevoir le sexe d'un autre homme car la dimension homosexuelle n'existera plus à ses yeux. Il pourra alors se donner totalement et sans réticence à son plaisir parce que sa maitresse aura pris en charge la responsabilité de l'expérience. Pour lui, il n'est pas bi, il obéit à sa maitresse. Sa soumission lui permet d'accèder à une expérience bi qu'il n'aurait pas dépasser par lui même.<br /> Voilà à mes yeux à quoi sert la domination. En aucun cas j'ai le désir de faire découvrir à mes soumis les "plaisirs" de la souffrance si ça n'est pas leur désir. D'une part parce que j'en suis effectivement bien incapable. D'autre part, parce que mon plaisir reste davantage dans la connaissance de l'autre et la recherche des plaisirs refoulés de mes soumis.<br /> Au risque d'être l'exception qui confirme la règle, je peux certifier que la dimension SM ne m'est pas nécessaire pour dominer avec bonheur.<br /> <br /> Par contre, je suis assez d'accord avec votre point de vue selon lequel nous sommes tous plus au moins maso de nature. L'acte sexuel est par lui-même violent de nature. Et en outre, effectivement, il m'est arrivé de penser au cours d'entraînements sportifs qui demandent discipline, efforts, endurance de me dire qu'en plus j'avais payé une cotisation pour souffrir autant !!!!<br /> <br /> Mais quel plaisir de terminer suante, courbaturée, essouflée, satisfaite de sentir mes muscles et ma force...<br /> <br /> Merci, Lady DvL de me faire découvrir votre blog.<br /> <br /> Cunégonde.
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L
"La douleur est toujours question, et le plaisir, réponse"<br /> <br /> Paul Valéry
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A
Le titre de l'article était: "peut-on apprendre à être maso"?<br /> <br /> Abime de perplexité et de complexité<br /> <br /> Et peut-on apprendre par l'autre côté à devenir sadique???Le Grand Sade lui-même à t'il été éduqué? Le dictionnaire définit lui-même le sadisme comme un trouble du comportement principalement - à dominante?! - sexuel. On pourrait appeler çà un TCS; Il existe bien des TCA ( Troubles du comportement Alimentaire)<br /> Comme tu l'as d'ailleurs fort bien souligné c'est bien le masochiste en quête consciente ou non de souffrance qui fait exister le sadique. L'inverse est rarement vrai. Celàme rappelle une histoire drôle que l'on m'a raconté : "Connais-tu le comble pour un Masochiste"? Un masochiste demande à un sadique :"Vas-y, frappes-moi fort, fais moi mal!" Le sadique regarde le masochiste avec un sourire dédaigneux, et tourne en silence sa tête de droite à gauche pour signifier au masochiste qu'il répond par la négative à sa demande.<br /> En allant encore plus loin, le sadique n'a t'il pas en lui un fond de masochisme? Le véritable sadique prend un "malin" plaisir à faire souffrir, mais encore faut-il qu'il ait lui-même une perception -innée ou acquise - de la "dose" de souffrance qu'il inflige.<br /> En tous les cas Cunégonde, merci pour les thèmes que tu nous soumets...<br /> <br /> Posté par Alec Blaise, 14 décembre 2005 à 14:15
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